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- Réponse au "tract vert"

 

Marc GIZARD                                            Carignan le 29 octobre 2012

20, Allée Roqueys

33360 CARIGNAN

 

                                                                       Monsieur Jean JAMET

                                                                       Maire

                                                                       24, Avenue de Verdun

                                                                       33360 CARIGNAN de BORDEAUX

 

Monsieur le Maire,

Maintenant qu’est passée la tourmente de la campagne électorale, je voudrais tout d’abord vous exprimer  la pleine reconnaissance  de votre victoire.

J’ajoute ensuite  quelques mots aux mots ou plutôt aux écrits que vous avez exprimés tout particulièrement lors de la parution et distribution du dernier tract que je qualifierais de tract vert. (Voir ci-dessous en annexe)

Je m’y vois traité de malhonnête : j’en déduis donc que vous auriez l’exclusivité de la vertu dispensatrice de bons et de mauvais points.

Vous soulignez pour la nième fois – c’était un de vos argument phare de 2008 – que j’ai ouvert à l’urbanisation 27 hectares, causant ainsi étalement urbain et gaspillage de l’espace jamais encore aussi intense à Carignan sur une aussi courte période. Je me permets de vous faire remarquer que cet argument sans cesse rabâché du « Gizard bétonneur », ne résulte que  de la mise en œuvre du PLU que nous et vous – à l’époque premier adjoint chargé en particulier de l’urbanisme -  avons voté sans aucune restriction en 2002 et modifié sans non plus de restriction par la suite. N’y-a-t-il pas là aussi un manque de cohérence que j’aurais pu qualifier ? Je ne l’ai pas fait car je me refuse à toute attaque personnelle : le débat doit rester politique et je prétends qu’il l’est resté de mon côté. Libre à vous de me contredire, ce que j’ai mal perçu jusqu’à ce jour.

Vous affirmez aussi que  le taux d’augmentation des impôts locaux serait de 13,28 % et non de 26, voire 36 % comme je l’ai écrit.  En précisant  cependant chaque fois en ce qui me concerne qu’il s’agissait de la taxe foncière allant à la commune.  Le calcul est simple : il suffit d’observer la progression des taux tant en ce qui concerne le taux communal voté par votre Conseil municipal, que le taux de revalorisation cadastrale voté par le Parlement. Le résultat est de 36 % comme vous pouvez l’observer aussi sur votre feuille d’impôt  en euro courant et comme je l’ai démontré sur un article de mon blog jamais démenti par une démonstration de votre part.

 Mais lorsqu‘on veut prouver  à tout prix que votre adversaire a tort, on fait un peu d’amalgame et le tour est joué. C’est ce que j’appelle une manœuvre espiègle (et non pas malhonnête). Vous avez joué sur la progression différentielle des taux entre taxe foncière et taxe d’habitation, voire sur la réforme apportée par la suppression de la taxe professionnelle et le transfert de la part départementale de la taxe d’habitation vers la commune. Le tout conduit à un taux qui est de l’ordre de 15 % à éléments d’identification fiscale identiques (et non de 13,28 %) avec cette inquiétude que la communauté de commune qui encaisse désormais une part de la taxe d’habitation depuis cette année  a des besoins importants avec des recettes des entreprises qui ne vont sans doute pas croître : en conséquence, va augmenter de façon significative cette part qui lui est affectée de l’impôt des ménages.

Vous vous réclamez de la Cour Régionale des Comptes. A ce sujet et comme vous le savez, j’ai été mis sur le chemin de cette juridiction peut-être – mais je n’ose pas le penser -  par délicate attention de votre équipe. Les premiers mots de la Conseillère  venue m’interroger ont été pour me dire que ma gestion et celle de mon équipe  ne souffrait d’aucune illégalité. Merci. Comme vous le savez, un budget voté en état de déséquilibre réel conduit immédiatement à l’intervention de la Cour (article L. 1612-5 du CGCT) : il faut croire que le travail que nous avions fait sur le plan budgétaire ne ressortait pas de cette appréciation.

J’étais conscient que les frais de personnels avaient atteint un ratio que nous devions corriger, mais je n’ai jamais entendu une seule parole de vous sur le sujet ni en Conseil municipal, ni en commission des finances, ni en commission du personnel où nous avons mené un réel travail de justice sociale en intégrant des personnes en contrat à durée déterminée et donc en situation précaire dans la fonction publique territoriale, dès lors que le travail fait était utile et nécessaire à la commune.

S’il est de bonne guerre de proclamer la pertinence des réalisations faites et des équilibres poursuivis, il est déplacé d’accabler les prédécesseurs comme s’il fallait tuer le passé pour exister au présent.

Votre démonstration est de même nature en ce qui concerne les voiries :  vous avez écrit 12 kilomètres refaits ou rénovés, voire 17 comme exprimé lors de la séancepublique que vous avez organisée, alors qu’à peine 2 kilomètres de voirie communale ont été ainsi refaites ou rénovées (ce qui est déjà bien, et vous pourriez vous en contenter), 1,5 de voirie de la communauté de commune, le reste étant de la voirie départementale dont vous ne détenez ni la décision, ni la dépense.

Alors pourquoi qualifier l’adversaire de malhonnête ? Comme l’écrivait Schopenhauer, qui est un philosophe du 19 ° siècle, c’est «l’argument ultime » : « A court d’arguments, recourir aux attaques ad personam. » C’est ce qu’a subi le Président HOLLANDE récemment, je suis en bonne compagnie.

Le débat que vous avez souhaité dans votre éditorial de septembre dernier a eu lieu. Il n’a pas été plus désagréable que ne l’a été celui de 2008. Encore faut-il en rester aux questions du présent et de l’avenir de Carignan qui devrait être notre seul souci. Avec des différences voire des divergences : nous les avons exposées, elles font partie du débat démocratique et républicain. Avec quelquefois un déficit en fraternité : je pense que le milieu politique est celui qui utilise le plus ce mot, mais le vit le moins. Essayons de le mettre en œuvre dans une « exception carignanaise. »

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de mes salutations distinguées.  


Annexe : "Tract vert"

 

Tract vert 1
tract vert 2
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