Par christian boisson
Grosse colère des parents
A l'initiative de Sonia Setbon, principale du collège Camille-Claudel de Latresne, une réunion a été organisée mercredi soir au collège Nelson-Mandela de Floirac à laquelle avaient été conviées toutes les familles carignanaises concernées par le rattachement de leur(s) enfant(s) au collège de Floirac à la rentrée prochaine.
Pour mémoire, le Conseil général envisage de longue date de désengorger le collège de Latresne actuellementen sureffectif (915 élèves pour une capacité de 900) pour remplir le collège Nelson-Mandela de Floirac, un établissement flambant neuf mais rempli à seulement 50 % de sa capacité (250 élèves pour 500 places). La décision conjointe de l'académie et du Conseil général étant actée à présent, les familles concernées par celle-ci ont été informées qu'à la rentrée prochaine tous les élèves de 6e, actuellement en CM2, rejoindront le collège floiracais - ce dont tout le monde se doutait -, mais également les élèves scolarisés cette année en 6e et 5e à Latresne et c'est là que le bat blesse.
Le but de la réunion de mercredi soir était d'informer les parents sur les modalités d'accueil de leurs enfants à Nelson-Mandela. Claude Legrand, le directeur académique, était présent pour dissiper selon ses propres mots « les inquiétudes des parents ». Peu avant cette réunion, Claude Legrand a accepté de s'exprimer : « Cette réunion avec les parents se veut une soirée de dialogues et d'échanges, a-t-il précisé. Il s'agit de bien expliquer comment les choses se dérouleront à la rentrée prochaine et aussi rassurer ces parents car je sais qu'il y a des inquiétudes de leur part. »
Pascal Mégard, le principal du collège Nelson-Mandela était également présent pour expliquer aux familles le déroulement de la scolarité dans son établissement. Quant à Sonia Setbon, hermétique à toute déclaration, elle ne put qu'admettre, sans le contester, que la mesure fixée pour la rentrée prochaine allait vider son collège et le plonger en sous-effectif. « C'est vrai, a-t-elle convenu du bout des lèvres, mais de nouveaux habitants grossiront dans le futur les huit communes rattachées à notre collège et notre effectif repartira alors à la hausse. »
Les parents s'en vont
Tout s'est corsé très rapidement dès le début de la séance selon les témoignages des familles. Le ton est monté dès que Claude Legrand a commencé à expliquer les modalités d'accueil des enfants. « Nous ne sommes pas venus pour ça », lâche un père en colère. L'ambiance électrique plombe aussitôt le débat. Les parents d'élèves estiment de concert « qu'on les a fait venir pour les ''baratiner'' et non pour les écouter et répondre à leurs attentes. » Les réflexions fusent de tous bords et d'un commun accord, les familles se lèvent et quittent la salle pour échapper à ce qu'ils qualifient de « mascarade ».
Ne restent sur leur siège que trois ou quatre couples. « Nous avons été invités à cette réunion pour n'entendre que du bla-bla sur Floirac, raconte Marie-Pierre Ahabchane, une mère très remontée. Notre collectif avait envoyé un courrier à l'académie avec copie au Conseil général pour revendiquer notre désapprobation de cette décision contraire au texte de loi (lire entrefilet), malgré les promesses qui nous avait été faites. Il est hors de question que nos 6e et 5e à Latresne aillent à Mandela. Le directeur académique ayant refusé de répondre à nos questions, nous sommes partis. »
Pierre Charrier, père d'un élève, tient le même discours. « Nous ne sommes pas venus pour entendre que tout est beau et tout est gentil à Floirac, dit-il. Il n'est pas question de déplacer les collégiens déjà scolarisés à Latresne. Devant la tournure que prennent les choses, nous allons prendre un avocat pour nous défendre. Pas question d'abdiquer. »
Mustafa et Ayse Ozturk sont vraiment inquiets. « Notre fils est en 6e à Latresne, disent-ils. Il vient déjà de quitter son école l'an dernier et on nous demande qu'il change encore d'établissement. Il en sera bien trop perturbé. » L'affaire est loin d'être terminée…